Une application métier décrite en une phrase, sous contrôle
En bref
- Un nouveau module relie Copilot Cowork à Dataverse, la base de données de Microsoft 365, pour créer les tables et l'application à partir d'une description en langage courant.
- Chaque modification vous est soumise sous forme de carte d'approbation, et l'assistant ne peut faire que ce que vos droits d'accès autorisent.
- La création d'applications dans Cowork exige aujourd'hui l'inscription au programme Frontier, et l'exécution de l'application tourne en préversion : à vérifier avant tout projet.
Créer une application métier sur Dataverse demande du métier : avant l'application elle-même, il faut dessiner les tables, relier les données, penser à la sécurité et charger des données de test. Chaque étape se fait dans un outil différent, et chaque passage de relais coûte du temps.
Microsoft vient d'annoncer un module qui rassemble ces étapes dans Copilot Cowork, son assistant de travail. Je vous explique ce que c'est, ce que ça change et ce que je vérifierais avant de m'y fier.
Ce que le module construit à partir d'une phrase
Dans la démonstration de Microsoft, on demande une application d'inscription à des événements pour une équipe. Un événement a un lieu, une date, des horaires et une capacité. Chaque personne ne peut s'inscrire qu'une fois. Quand l'événement est complet, les suivants passent en liste d'attente.
Le module donne à Cowork un accès à votre environnement Dataverse. Dataverse, c'est la base de données de Microsoft 365. L'assistant crée les deux tables nécessaires, puis ajoute les liens entre elles, étape par étape, de façon relisible.
Point important : il relie les inscriptions à la table de contacts qui existe déjà. Il n'invente pas une seconde liste de personnes. Pour une direction, c'est le détail qui compte : l'application s'appuie sur des données que l'entreprise connaît déjà.
L'assistant ajoute aussi quatre événements d'exemple, dont un rempli à pleine capacité pour tester la liste d'attente. Ces lignes sont marquées comme données d'exemple, donc faciles à retrouver et à supprimer.
Le contrôle reste chez vous
Un assistant qui écrit dans vos données doit gagner votre confiance. Microsoft décrit trois garde-fous.
- La connexion se fait avec votre identité. L'assistant ne voit et ne change que ce que vos droits permettent.
- Dataverse vérifie chaque demande côté serveur. Le module ne peut pas contourner ni élargir vos permissions.
- Chaque modification vous est présentée d'abord sous forme de carte d'approbation. Rien n'est fait dans votre dos.
Un exemple tiré de la démonstration m'a plu. L'environnement par défaut n'avait pas de base Dataverse. L'assistant n'a pas deviné : il a demandé le bon environnement, puis a créé l'application à côté de ses données. Pour un responsable conformité, c'est rassurant, car la sécurité s'applique au même endroit.
De la base à l'application publiée
Une fois les données en place, Cowork crée l'application, la relie aux deux tables et applique un thème. Avant de publier, il lance des contrôles : vérification du code, construction complète et revue visuelle de l'affichage.
L'application publiée tourne dans Microsoft Copilot Managed Runtime, aujourd'hui en préversion. Elle utilise la connexion Microsoft Entra et suit les règles de gouvernance de votre entreprise dès sa création. Les administrateurs la voient et la gèrent dans le centre d'administration Microsoft 365.
Le résultat de la démonstration : une vue pour l'organisateur et une vue pour l'accueil. Chaque événement affiche sa date, son lieu et son taux de remplissage. Avec trois places, le quatrième inscrit part bien en liste d'attente, comme la demande l'exigeait.
Tout est écrit dans Dataverse. Pas de base séparée, pas de copie à synchroniser. Les mêmes données servent ensuite à Power Automate, aux agents de Copilot Studio et aux rapports.
Ce que je ne vous cache pas
C'est une démonstration sur un cas simple. Je n'ai pas vu ce module sur une validation d'achat à plusieurs niveaux ou sur un contrôle de conformité. Je reste prudent tant que je ne l'ai pas fait.
Deux prérequis à connaître. La création d'applications dans Cowork exige aujourd'hui l'inscription au programme Frontier. Et l'exécution des applications est en préversion. Microsoft ne donne ici ni calendrier de disponibilité générale ni détail de licence : à demander avant de planifier.
Une application générée n'est pas une application conçue. Quelqu'un doit relire les cartes d'approbation et savoir ce qu'il valide. C'est là que l'expérience du métier reste nécessaire. Sur ce sujet, regardez nos applications métier et nos agents IA Copilot. Pour un exemple de données réunies au même endroit, voyez une seule vérité pour la trésorerie.
Ce que ça change chez vous
Un cas réel : pour un groupe d'énergie du CAC 40, j'ai livré une application de demande d'achat. Elle contrôle le fournisseur, fait valider la demande par le responsable hiérarchique et prévient la personne chargée de SAP dans l'entité. Au départ, des fournisseurs étaient créés en double. C'est le piège que la démonstration évite avec les contacts : recréer ce qui existe déjà.
Avec ce module, la première version d'un tel outil pourrait se décrire en une phrase : des demandes, des fournisseurs, leurs liens, des lignes d'exemple. Chaque table et chaque lien arriveraient en carte d'approbation, avec vos droits. Je ne l'ai pas encore essayé sur ce cas.
Le gain à viser, c'est le résultat du projet livré : un fournisseur n'est créé qu'une fois, vérifié au registre national. Ce résultat tient à des contrôles pensés avec le métier, comme le bouton « Vérifier » et l'alerte « Doublon possible ».
Première étape, la semaine prochaine : écrivez en une phrase un besoin simple de votre service, puis listez les données qui existent déjà chez vous. Sur les cartes d'approbation, vérifiez que l'assistant s'y relie au lieu de les recopier.
Ce que ça change pour vous
Dès lundi, vous pouvez poser trois questions à votre DSI.
- Notre entreprise est-elle inscrite au programme Frontier, et sinon, qui peut le demander ?
- Avons-nous un environnement Dataverse de test, séparé de celui où vivent vos données de production ? Microsoft suggère un environnement du Power Apps Developer Plan pour essayer.
- Qui relira les cartes d'approbation, et avec quels droits d'accès ?
Commencez par un petit besoin interne, sans donnée sensible : un suivi de demandes ou un registre simple. Gardez la préversion hors des processus critiques tant que son statut n'est pas clair.
Si vous voulez un avis avant de vous lancer, un conseil et audit permet de choisir le bon premier cas et de vérifier les prérequis.
D'après Microsoft
« Cowork can only see and change what your Dataverse security roles allow. »
D'après : From one prompt to a governed Dataverse app: the Dataverse plugin lands in Copilot Cowork, Microsoft, 28 octobre 2026, https://www.microsoft.com/en-us/power-platform/blog/2026/10/28/dataverse-plugin-copilot-cowork/
Vos questions
Non, d'après Microsoft. Chaque changement arrive d'abord sous forme de carte d'approbation, et rien ne se passe sans votre accord. La connexion se fait avec votre identité, et Dataverse contrôle chaque demande côté serveur.
Non. Les tables créées sont des tables Dataverse ordinaires, dans votre propre environnement. Il n'y a pas de copie à synchroniser, et les mêmes données servent ensuite à Power Automate, à Copilot Studio ou aux rapports.
Pas sans vérifications. La création d'applications dans Cowork demande l'inscription au programme Frontier. L'application publiée tourne dans Microsoft Copilot Managed Runtime, qui est en préversion. Demandez à votre DSI où en est votre entreprise sur ces deux points.